Nous sommes deux. Seuls au monde. Deux rockeurs dans la tourmante, dans la drogue, le sexe, la violence et l'alcool. Englués dans notre propre musique. L'un est guitariste, l'autre chante. Notre musique est notre oxygene, notre sang. Notre musique nous détruit peu à peu. Nous ne voulions pas de ce succès prématuré. Nous ne voulions pas de ces fans hurlant jusqu'à être aphones à nos concerts. Nous ne voulions pas de ces filles que couvraient notre musique avec leurs cris. Ni de ces disques, successivement de bronze, de platine et d'or. Notre guitare et notre micro, nos mains et nos cordes vocales nous suffisaient. Notre amitié était indestructible. Notre talent immense. Nous avons décidé de nous lancer dans la musique à 15 ans, en créant notre groupe. Deux ans plus tard, nous étions partout, sur toutes les affiches, dans toutes les salles de concerts. Hit parade, concerts complets, disque et DVDs vendus par millions. Nos posters s'arrachaient aux enchères. Nous étions sur notre petit nuage, au comble du bonheur. Nous croyions que rien ne pourrait nous stopper dans notre succès montant. Mais l'alcool est arrivé. Sans le savoir, nous sommes devenus peu à peu dépendants de cette boisson de bonheur et d'idylle. Après nos concerts, nous allions faire la fête avec nos fans, et la nuit n'en finissait pas. D'abord,ce fut l'alcool qui nous happa dans son tourbillon féroce. Puis le sexe, cette pression incessante qu'exerçait nos fans féminines nous a fait craquer. Pas une nuit ne passait sans que l'on couche par-ci par-là. Nous nous sentions souillés et en même temps heureux. L'alcool et le sexe était notre quotidien et les concerts devaient être souvent annulés à cause de nos états désastreux. Nous expliquions aux journalistes que nous étions déprimés mais personne n'en pipait mot. Lorsqu'un paparazzi nous harcelait trop, il nous arrivait d'en venir aux mains. Nous étions violents, ivres et déprimés. Mais le pire arriva l'année de nos 20 ans. A la fin d'un concert particulièrement raté à cause de notre ivresse habituelle, un jeune dealer nous proposa à l'entrée d'une boîte de nous offrir gratos deux joints. Nous en avions largement besoin et je crois qu'aucun plaisir n'égalera jamais le moment on nous fumâmes nos premiers joints. Nous sommes tout de suite devenu accro. Ce fut d'abord le cannabis, puis l'héroïne, l'acide, la cocaïne... Se succédait à certaines drogues dures d'autres drogues encore plus agressives. La dépendance à l'alcool et au sexe est un bonheur comparé à la dépendance à la drogue. Nous annulions tous les concerts pour nous consacrer à notre loisir préféré : nous piquer, fumer de la coke, on pire : sniffer. Vous pensez peut-être que nous étions conscients de notre malheur et de notre poblème. Et bien non. Nous avions l'étrange impression d'être bien dans notre peau et heureux, parfaits. Nos ébats et nos dérapages faisaient la une des journaux people mais nous nous en foutions royalement. Le signal d'alame se déclencha quand notre manager nous lacha en nous annonçant qu'il ne pouvait plus faire taire les rumeurs à notre sujet. Puis ce fut notre maison de disque qui nous adandonna. Et pour finir, nos fans, notre famille, nos amis. Plus de disques ni de concerts. Plus de succès. Nous aurions du être contents. Mais plus le temps passait, plus nous sombrions dans la drogue, l'alcool, la violence et le sexe. Nous devînmes gris, autant le ciel, que les visages des gens dans la rue. Nous étions gris. Poussière. Nous avons pris conscience que la vie nous abandonnait le jour où nous ne puissâmes plus recracher la fumée de notre cigarette. La mort nous attendait au tournant, c'était certain. C'est certain.
Mardi 5 octobre 1991.
Jour pluvieux, âme pluvieuse.
Couteau à portée de main.
Nous sommes deux. Seuls au monde. Notre vie de tient qu'à un cheveux. Notre amitié. Notre amour. Nous nous aimons tant, impossible de définir un tel amour. Nous sommes inséparables. Dans la vie comme dans notre mort, nous restons ensembles, uniques. Par pitié, que la mort nous rende plus forts.
Que l'Ame des vaincus nous Aide.
P.S. Aucun groupe n'est visé par ce texte.
© Mhite Papillon ~